Objectif Terre  Science  | 06.09

AUTEUR Sandra Zanelli /Egid | PHOTOS IS,ISDC,undefined

Embarcation pour un voyage cosmique

Embarcation pour un voyage cosmique Embarcation pour un voyage cosmique Embarcation pour un voyage cosmique

Le centre d’astrophysique d’Ecogia fête les dix ans du satellite INTEGRAL

Versoix, une commune réputée pour l’étude du cosmos? Et comment. Deux centres reconnus internationalement y sont installés.
Du côté de Sauverny, l’Observatoire de Genève rattaché à l’Université s’occupe d’astronomie. Il est aussi spécialisé dans la construction d’instruments de haute précision en spectroscopie ou photométrie.
Du côté d’Ecogia, l’Integral Science Data Centre (ISDC) rattaché à l’Observatoire, s’intéresse quant à lui à l’astrophysique des hautes énergies. Il traite les données fournies par le satellite INTEGRAL de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) dont on a fêté les dix ans le 11 décembre dernier. L’occasion de faire un tour d’horizon de ses activités. Rencontre avec Thierry Courvoisier, directeur de l’ISDC et professeur en astrophysique à l’Université de Genève.


Thierry Courvoisier, quelles sont les questions auxquelles le centre ISDC tente d’apporter des réponses ?

En premier lieu, de quoi l’univers est-il composé ? Et ensuite, comment fonctionne-t-il ? Prenons le cas où une lumière nous parvient par le biais du satellite INTEGRAL. Comment est-elle émise ? Au fond, pourquoi l’énergie est-elle libérée sous cette forme-là ? Ce genre de phénomènes se place dans l’évolution des galaxies.
Par exemple, ces dernières années, nous avons découvert d’une part qu’au centre des galaxies se trouvaient des trous noirs, et d’autre part que la masse de ceux-ci était liée à la masse de la galaxie. Mais alors pourquoi existe-t-il une proportionnalité entre les deux ? Ces questionnements en chaîne constituent le fond de notre quête pour comprendre notre environnement au sens large.


En quoi le satellite INTEGRAL vous aide-t-il dans votre quête?

Ce satellite capte des types de lumières émises dans l’univers (rayon X, gamma). Toutes ces données arrivent en temps réel et sont traitées directement dans ce centre. C’est justement dans ce type de lumières que l’on observe des étoiles de neutrons ou des trous noirs dont on n’imaginait pas l’existence avant l’utilisation des satellites.
En fait, le ciel change constamment d’aspect. Et cette variabilité doit être étudiée pour comprendre ces phénomènes. L’univers n’est pas immobile comme on le pensait: des objets apparaissent et disparaissent avec beaucoup de violence. Avec ces découvertes, c’est notre façon de concevoir le cosmos qui change radicalement. Et petit à petit, probablement aussi la perception de nous-mêmes dans cet ensemble.


Les données qui proviennent d’INTEGRAL sont-elles relayées au delà d’Ecogia ?

En cas de découverte, la communauté astronomique internationale est avertie. Les scientifiques intéressés prennent alors d’autres instruments pour observer le même objet. En combinant les différentes observations, on améliore notre compréhension des phénomènes.
Certains chercheurs font aussi des demandes pour observer une partie du ciel en particulier. Si elles sont acceptées, ils obtiennent un droit de regard exclusif d’une année sur les données du satellite. Enfin, nous réalisons un grand travail d’archivage. Certaines données dont nous ne percevons pas l’importance maintenant pourraient se révéler capitales dans le futur.


Et dans quelle mesure communiquez-vous au public?

On essaie de communiquer autant que possible, même si les sujets sont parfois très complexes. Nous avons le devoir de vulgariser la science. Il faut prendre les gens avec nous dans notre quête pour leur proposer une vision rationnelle du monde. Cette approche des sciences naturelles, de l’expérience et de l’observation est fondamentale pour tout le monde. Et puis, notre travail est possible grâce à l’argent du public. Les gens ont le droit de savoir ce qu’on en fait.


Après dix ans de service, comment se porte le satellite INTEGRAL ?

C’est amusant car INTEGRAL avait été dessiné pour durer cinq ans. Or cela fait dix ans que le satellite est en orbite et il a les capacités pour durer encore un certain nombre d’années. Je pensais au début qu’on serait vite au bout de nos surprises. Au contraire, on constate qu’il se passe toujours des phénomènes très intéressants. Dans le fond, on regarde le ciel avec nos yeux depuis des millénaires, mais seulement depuis les années 60 avec des satellites !




Encadré
Voyage 3D dans l’univers à l’Observatoire
Objectif : comprendre le monde qui nous entoure

Plonger dans l’univers en trois dimensions, à deux pas de chez soi. C’est ce que propose gratuitement l’Observatoire de Sauverny tous les premiers mercredis du mois. Pour la dernière projection de l’année datée du 5 décembre, deux responsables de l’Observatoire ont fait office de pilotes afin de guider le public en temps réel dans un voyage cosmique. Comment ? A l’aide de « Celestia », un logiciel informatique en libre accès sur Internet. En partant de notre petite terre, pour finir aux confins de l’univers observable, la démarche interactive permettait au public d’interagir à tout moment.
Zoom sur les astéroïdes et les cratères de Mars, démonstration du mouvement des planètes en accélérant le temps, présentation du satellite INTEGRAL se déplaçant sur son orbite et explications des anneaux de Saturne étaient autant d’étapes fascinantes de ce pilotage en direct. Moment épique déclenché par une question du public : le point de vue d’un astronome sur l’astrologie, où la remise en question de ces croyances basées sur la position des planètes d’un ciel vieux de 4000 ans, bien différent de celui d’aujourd’hui !

Info :
Prochaines projections :
6 février, 6 mars, 10 avril, 1er mai et 5 juin à 20h30
Inscriptions obligatoires : 022 379 22 00

 

Article paru dans La Côte

Statistiques et Crédits

Auteur | Sandra Zanelli /Egid
Mots | 981
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Photo | IS,ISDC,undefined