Sonderfall  Economie  | 07.05

AUTEUR Sandra Zanelli /Egid | PHOTOS SA.Z,©Favarger2011

Le chocolatier Favarger prend son destin en main

Le chocolatier Favarger prend son destin en main Le chocolatier Favarger prend son destin en main

La marque genevoise se réinvente en misant sur la qualité


La ville de Versoix a cette particularité que, suivant la direction du vent, elle peut être envahie d’une enivrante odeur de chocolat. L’occasion de rappeler que l’usine Favarger implantée en son centre, poursuit ardemment la tradition et le savoir-faire de ses prédécesseurs venus exploiter l’énergie hydraulique de La Versoix en 1875. Longtemps renfermée sur elle-même, l’entreprise ne se laissait découvrir qu’au goût noisette de ses célèbres Avelines. C’est récemment que la nouvelle direction a souhaité ouvrir les portes de sa manufacture au public pour mieux faire connaître la marque.



La maîtrise de toutes les étapes

Entrer dans l’usine Favarger, c’est faire un retour dans le temps. Une charlotte sur la tête et une grande toge pour respecter les conditions d’hygiène, les visiteurs découvrent le cœur de la chocolaterie où règnent des machines datant du siècle passé. De la torréfaction au broyage en passant par le conchage et le tempérage, toutes les étapes de la transformation des fèves de cacao sont maîtrisées par les collaborateurs, une cinquantaine au total. Et c’est bien la particularité de Favarger : être les seuls en Suisse à torréfier eux-mêmes leurs fèves. Un procédé certes coûteux, mais qui leur permet d’avoir une traçabilité sur l’entier de la production.


N°5, quai des Etuves

Tout a commencé en 1826, lorsque l’artisan horloger Jean Samuel Favarger épouse Suzanne Foulquier, fille d’un chocolatier. La chocolaterie Favarger est née. Son moulin qui broyait les fèves utilisait la force du Rhône, à quelques pas de la boutique du chocolatier au No5 quai des Etuves, devenu depuis le quai des Bergues. Jusqu’au jour où, un barrage construit en amont ralentisse le débit du Rhône, obligeant les moulins à se trouver un nouvel emplacement. L’occasion pour l’entreprise Favarger de déménager à Versoix. Cent-vingt-huit ans plus tard, en 2003, l’entreprise familiale décide de céder la majorité des parts au nouvel actionnaire Luca Rajic, un entrepreneur croate issu de l’industrie du lait.


Retour aux sources

Mais le réel tournant pour l’entreprise ne date réellement que de 2010. «Nous voulions réinvestir un lieu au cœur de Genève en ouvrant une boutique avec un atelier de fabrication de chocolat frais. Ce local disponible au 19 quai des Bergues était un coup de cœur. On revient à l’endroit où nous sommes nés», se réjouit Jean-Baptiste Maugars, directeur général de Favarger. Une boutique, de nouveaux produits, une charte de qualité exemplaire, un design élégant, une ouverture vers le public : il ne fait aucun doute que l’entreprise Favarger est en pleine renaissance.


Cap sur le monde

Ce pari sur la qualité a été pris après avoir essuyé un échec dans la grande distribution, dans les années 2000. «Face à de grands industriels placés depuis plus d’un siècle auprès de deux principaux distributeurs en Suisse, nous avions très peu de chance. Quand il y a une vague, une petite structure comme la nôtre la prend de plein fouet», relève le directeur. Oligopole oblige, Favarger regarde aujourd’hui au delà des frontières nationales. «Peut-être qu’au Japon par exemple, il existe un partenaire ayant une activité complémentaire, que sais-je, saké ou cigares, et qui possède un emplacement pour ouvrir une boutique de chocolat. Ou alors un entrepreneur qui négocierait des parts afin de créer une petite venture japonaise Favarger. D’ici un an, on trouverait plusieurs points de vente au Japon.» Autrement dit, dans quelques années, la firme versoisienne pourrait bien être davantage connue à Tokyo ou Dehli qu’à Zurich.

 

Info

www.favarger.ch/

Boutique Favarger, 19, quai des Bergues, Genève

 

 

Article paru dans La Côte

Statistiques et Crédits

Auteur | Sandra Zanelli /Egid
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Photo | SA.Z,©Favarger2011