Tour d'Horizon  Science  | 12.04

AUTEUR Sandra Zanelli /Egid | PHOTOS

L’histoire du don

Donner son sang pour sauver une vie n’a rien d’une pratique ancestrale. Bien au contraire, il aura fallu des siècles de tâtonnement pour lever les barrières au développement de la transfusion sanguine. Mais remontons aux origines de l’histoire de la médecine pour mieux comprendre.


La saignée pour guérir

Dans l’Antiquité déjà, et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, la médecine est grandement influencée par la théorie des humeurs élaborée par Hippocrate, puis par Galien. La santé de l’âme et du corps réside dans l’équilibre des humeurs- sang, phlegme, bile jaune et bile noire, auxquelles correspondent les tempéraments sanguin, flegmatique, colérique et mélancolique. Ainsi, selon les croyances, quand une maladie intervient à la suite d’un dérèglement desdites humeurs, il est d’usage de pratiquer une saignée : éliminer le sang du corps pour mieux guérir. Comment, dés lors, envisager les bienfaits d’une transfusion sanguine? La méconnaissance du sang et de son fonctionnement entrave toute possibilité d’avancement dans le domaine.

D’abord du sang animal

Un premier pas est franchi bien plus tard, lorsqu’en 1628, William Harvey, professeur à Londres, comprend le phénomène de circulation du sang et publie ses idées. Les bases de l’hématologie sont posées mais le chemin est encore long. Commencent alors les premières expériences de transfusion à partir de sang animal. Sangs de mouton, de veau et d’agneau sont utilisés sur l’homme souvent avec des résultats catastrophiques. En 1818, le dénommé James Blundell, un obstétricien s’étant intéressé au sujet après avoir assisté à de nombreuses hémorragies post-partum, va découvrir que seul du sang humain peut être transmis à l’homme. Dès lors, certaines transfusions remportent un succès alors même qu’on ignore tout des groupes sanguins.

Il faudra attendre 1901 pour que l’Autrichien Karl Landsteiner identifie les catégories de sang ABO. C’est une découverte majeure qui va sauver de nombreuses vies. A peine dix ans plus tard, un cas d’un patient ayant contracté le paludisme après une transfusion révèle les risques de transmission de maladie.


L'essor des recherches

La Deuxième Guerre mondiale marque les origines de la transfusion moderne. Les centres de donations se multiplient afin d’acheminer le sang vers les blessés au front. Pendant cette période, trois progrès considérables améliorent les transfusions : d’une part, on découvre le principe de fractionnement du plasma facilitant le transport du sang, d’autre part on met au point une technique sûre de conservation du sang et enfin on utilise des poches plastiques en substitut des flacons de verre. Toutes les clefs sont désormais connues pour parvenir à l’efficacité et la sécurité dont bénéficie le don du sang aujourd’hui.

 

Article paru dans CHUV/Magazine

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Auteur | Sandra Zanelli /Egid
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